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Avis critique avec SPOILERS – Les invisibles

Coucou les petits chats, me revoilà avec un nouvel article.

Toujours pas celui sur l’Irlande (je vous expliquerai plus tard pourquoi il tarde tant à apparaître celui-là) puisqu’on va parler cinéma avec le film Les invisibles. Et comme je vous l’explique dans un autre article, il va y avoir des spoils alors tenez vous prêts !


Vu le titre, ça parle de magie, non ?

Pas tout à fait mais presque. D’une certaine façon, on peut dire que c’est un bel exemple de magie humaine.

Les invisibles c’est un film de Louis-Julien Petit qui nous immerge dans le quotidien d’un centre d’accueil de jour pour femmes sans-abris. Faute de résultats satisfaisants quant à la ré-insertion de ces femmes, le centre va devoir fermer.

On suit alors les tentatives (parfois désespérées) des travailleuses sociales pour empêcher cette fermeture.

Le  cadre est donc posé, on peut pas forcément dire que l’ambiance est à la folie. Et pourtant, malgré la dureté du thème évoqué ici le film m’a vraiment fait l’effet d’une dose de feel-good. 

[Oui, je sais, j’ai utilisé le même adjectif pour la série Plan coeur, mais ça doit être mon besoin du moment que voulez-vous…]


Bon, y a des gens connus au moins dans ton truc ?

Et oui puisqu’au casting, on retrouve (notamment) Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena.

Je dis notamment parce qu’au delà de ces noms plutôt connus du grand public, il y également plusieurs actrices jusqu’alors inconnues et qui crèvent l’écran.

Avant toute chose, je tiens à préciser quelque chose. Les invisibles est une comédie. Mais personnellement, je trouve que les différents rôles du films sont plus durs et plus sérieux que ceux que l’on peut retrouver dans une comédie. Il s’agit d’un parti pris d’écriture propre à mon interprétation personnelle. Si votre avis diffère sur le sujet, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire car ça m’intéresse beaucoup !


La plus touchante, Audrey Lamy

Personnellement, je la connaissais pour son interprétation de rôles comiques comme dans tout ce qui brilleplan de table ou encore scènes de ménageJ’ai adoré la retrouver dans un rôle beaucoup plus sérieux, presque dramatique. 

On entend souvent dire que les habitués de la comédie ont plus de mal à assurer des rôles plus durs derrière. Je ne sais pas si c’est vrai mais en tout cas, je trouve que le changement est plutôt réussi pour Audrey Lamy. Encore une fois, c’est un changement partiel puisqu’il s’agit ici d’une comédie mais le sujet abordé étant difficile, je trouve que ce premier pas l’univers  » dramatique  » est assez réussi. 

Le personnage d’Audrey (c’est son vrai prénom qui est utilisé dans le film) est celui d’une battante. Son centre va ferme, elle refuse cette hypothèse alors elle se bat. On sent à chaque scène que ses paroles et ses actes trouvent leur source dans le désespoir ou plutôt l’espoir de trouver une solution avant l’inéluctable.

[attention, spoilers en approche les gars !]

Audrey Lamy est incroyablement touchante dans ce rôle parce qu’on comprend vite que pour son personnage, son travail, c’est toute sa vie. Ces femmes qui viennent au centre, elle veut les aider et même les sauver.

Sauf qu’on ne peut pas sauver quelqu’un qui refuse de l’être. Et Julie (interprétée par Sarah Suco), à la base elle ne veut pas être sauvée. Elle vient au centre comme ça, un peu pour passer le temps et dès qu’on fait un pas vers elle, elle recule, elle se braque. 

Ce qui amène une très belle scène où Audrey, qui a remué ciel et terre pour l’aider et qui s’aperçoit que Julie refuse cette aide, finit par craquer. Devant son frère, elle fond en larme, se trouve pathétique avec sa vie de merde, son appartement pourri et son statut de célibataire. 

C’est l’un des détails qui montre que ce film n’est pas une simple comédie, qu’il y a beaucoup plus d’enjeu derrière le ton léger. 


La légèreté de Noémie Lvovsky

Noémie Lvovsky, c’est la mère d’Hervé dans Les beaux gosses et l’héroïne de Camille redouble.

Noémie Lvovsky c’est la légèreté et l’excentricité. C’est la petite dose de feel-good. C’est l’espoir qui renaît.

Je sais, ça fait très envolée lyrique dit comme ça mais c’est vraiment l’impression que j’ai. 

Parce qu’au début, on la sent fragile et prête à s’effondrer et pourtant, c’est celle qui tient le mieux le coup. C’est celle qui porte un peu les autres par sa candeur. C’est son éternel optimisme qui fait qu’à la fin, quand le générique arrive, on pleure. 

Voilà.

J’adorai déjà cette actrice avec son charme fou et son aura si bienveillante, je ne peux que l’aimer davantage.


Quelques mots sur Corinne Masiero et Déborah Lukumuena

Leurs rôles respectifs (Manu et Angélique) sont secondaires mais leur présence n’en n’est pas moins essentielle. 

La première rajoute du sérieux et de la dureté aux situations. La seconde nous arrache des sourires et des rires sans qu’on puisse forcément l’expliquer. 

Déborah Lukumuena, je l’avais déjà vu dans Divines et j’avais vraiment apprécié sa fraîcheur et son ton sans filtre. Je retrouve, à mon grand plaisir ces deux aspects dans Les invisibles, je suis comblée.


 Et puis, enfin, les inconnues.

Les inconnues, ce sont les femmes accueillies par le centre. Ces femmes, interprétées par des femmes qui ont vraiment connu l’enfer de la rue.

[Oui, je sais, ça fait trois fois le mot femmes, mais il est beau ce mot].

Et ces femmes, elles sont belles, courageuses et si attachantes. 

Elle est là la comédie. Dans leur interprétation, leurs gestes et leurs paroles. 

Une fois le film terminé, alors que le générique se lançait, on voit ces femmes dans le contexte du tournage. Assise sur une chaise (ou un tabouret, je ne sais plus, j’avais le regard perdu dans leurs grands yeux), devant un fond blanc, elles lâchent quelques mots. On dirait qu’elles sont gênées d’être soudainement le centre de l’attention, probablement qu’elles le sont. Et elles sont vraies. 

J’avais à cœur de les évoquer ici (même si malheureusement, je n’ai pas retrouvé leurs noms), parce que sans elles, il est évident que le film aurait été très différent. Moins authentique et donc moins émouvant.


L’élément clé pour que tout fonctionne ? [<= là ça va spoiler !]

La réalité. 

Au début du film, on rencontre Catherine. Catherine elle est passé par l’envole. Audrey s’est battu pour lui trouver un logement. Mais Catherine elle n’y arrive pas. Passer de l’envol où il y a une vie en collectivité à une vie en solitaire c’est dur alors la réinsertion ne fonctionne pas. 

Et puis il y a Julie. Je vous disais avant que le personnage d’Audrey voulait absolument sauver celui de Julie. Et bien elle n’y arrive pas. Parce que Julie ne veut pas être sauvée. Quand on lui tend la main, elle recule et prend la fuite.

Alors quand finalement elle appelle Audrey à l’aide, Audrey ne répond pas. Et le drame est là. Dans la rue. Julie s’est faite violer. Et les travailleuses du centre ne peuvent pas l’aider. Elles lui disent qu’elle doit aller aux urgences mais c’est tout. Elles lui permettent de prendre une longue douche mais ensuite, elle doit repartir. C’est comme ça. C’est dur mais c’est vrai.

Enfin, il y a le problème de la nuit. L’envol est un accueil de jour. Ça veut dire que le soir, les femmes s’en vont et qu’elles dorment dans la rue ou dans un camp fait de tente. 

Et puis un jour, le camp est démantelé. Elles n’ont plus d’endroits où dormir. Alors Manu décide d’aménager des chambres à l’envol. 

La solution paraît idéale, elles sont bien ces femmes là, elles se reprennent en main. Comme le dit si bien Manu :  » T’as pas vu dans leur regard ? L’espoir qui est revenu. Ché pas, comment elles sont belles, comment elles ont envie maintenant.  » 

Sauf que accueillir des personnes la nuit quand on est un centre d’accueil de jour c’est illégal.

Et dans la réalité, y a pas toujours un fin heureuse. 

Alors le subterfuge finit par être découvert. Le centre doit être évacué puis fermé. 

Et c’est ça la scène finale : ces femmes qui quittent le centre. Certaines prennent le bus pour se rendre dans un autre centre, loin de l’envol. D’autres partent, le regard haut et fier, parfois en faisant un doigt d’honneur aux CRS présent pour assurer l’évacuation. Et elles se quittent comme ça le sourire aux lèvres et sur le tee-shirt (allez voir le film et vous comprendrez ce détail 😉 ).

Alors bien sûr, tout n’est pas aussi noir que semble le dire cet article. Il y a pleins de notes d’espoir qui sont semées partout. Ces femmes vont s’en sortir. On le sent. Ce n’est pas un échec. Mais l’envol ferme. Malgré les efforts des travailleuses sociales. C’est un bel exemple de la réalité de leur métier et c’est beau. Point.


Un dernier détail

Cet article est déjà beaucoup trop long. Mais je voulais ajouter un détail, un élément essentiel de ce film.

Il met en valeur avec tellement de justesse toutes ces femmes. Les sans-abris et celles qui les aident. 
Il montre l’importance dans la société de ces travailleuses sociales.

Il montre la magie qui peut opérer quand la solidarité humaine se met en marche. 

Il montre tout ça en 1h et 42 minutes.


C’est un grand oui alors ?

Complètement ! Ce film est mon coup de cœur de Janvier sans aucun doute ! Parce que c’est une comédie légère, mais pas que. 

Au delà des répliques à mourir de rire (avec un gros bonus pour le  » C’est la plus moche qui trouve un mec   » que l’on retrouve dans la bande-annonce), le ton est si émouvant qu’on ne peut pas sortir de là sans pleurer. 

Et bien sûr, vous commencez à vous en douter, bah j’ai pleuré. Comme une madeleine. 

Pas pendant le film.

Pas à la fin, au moment du générique.

Non, non.

Quand la lumière s’est rallumée dans la salle. 

Je n’ai pas pleuré de tristesse. Je n’ai pas pleuré de joie.

J’ai pleuré, sans pouvoir mettre de mots derrière ces larmes. C’est la première fois que ça m’arrive, que je ressorte autant bouleversée d’une séance sans pouvoir donner d’explications. Voilà. Je peux rien dire d’autres là dessus. C’est comme ça c’est tout et c’est beau. 

Alors allez voir ce film.

Parce qu’il est exceptionnellement beau, touchant et émouvant.

Et bien sûr, donnez-moi vos avis et impressions 😉

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