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Avis critique série – La casa de papel


[AVERTISSEMENT : Ça risque de spoiler grave !] 

 

LES PREMIERS SERONT LES DERNIERS ? 

En matière de séries, je suis jamais la première. J’ai commencé Game of Thrones quand ils en étaient déjà à 4 ou 5 saisons, pareil pour Orange is the New Black et j’ai encore jamais regardé Breaking Bad ou The Walking Dead.

Donc forcément, pour La casa de papel, ça n’a pas loupé. J’en avais pas mal entendu parler sans trop m’y intéresser. Et puis finalement, après avoir passé mon été à binge watcher en solo, il fut temps de se remettre à Netflixer [j’aime bien inventer des mots bizarres] en duo. Comme notre liste Netflix était désespérément vide, on a écouté le chant démoniaque des sirènes d’Internet. Et hop, nous voilà à lancer le premier épisode de la fameuse série d’Álex Pina.

 

AVANT TOUTE CHOSE, DE QUOI EST-CE QUE CA PARLE ?

La Casa de papel est une fiction retraçant l’histoire d’un groupe de huit braqueurs qui organisent une prise d’otage dans la Maison royale de la monnaie d’Espagne). Ils suivent à la lettre le plan d’un génie du crime (appelé «  le professeur «  qui, depuis l’extérieur, manipule les forces de l’ordre pour que son plan fonctionne. Le plan en question est préparé depuis 5 ans et est supposé être absolument parfait puis que le professeur a pris en compte toutes les solutions/réactions/comportements possibles pour tout prévoir au millimètre prêt. Sauf que bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu.

Il s’agit d’une série espagnole (la première que je regarde) et comme je suis une adepte de la VO, j’ai vraiment apprécié de me retrouver devant une langue autre que l’anglais. Ça change un peu et l’espagnol est une langue très chantante et très agréable à écouter (de mon point de vue).

Mais plongeons un peu plus dans les détails, voulez-vous !

 

DE L’AMOUR… 

Pour tout vous dire, mes sentiments à l’égard de cette série sont très paradoxaux.
Le premier épisode m’a plongée dans un état d’adoration absolu (le même que j’éprouve quand je regarde Sherlock, c’est vous dire!). Et globalement la première saison m’a entièrement convaincue.
Déjà, je suis tombée amoureuse du plan élaboré par le professeur. Sérieusement, un plan qui prend en compte absolument tous les paramètres possibles pour arriver à ses fins sans verser la moindre goutte de sang, on en a tous rêvé, non ? [Pour une série ou un film hein, pas pour la vraie vie ! Quoique…]
En tout cas, moi, cette idée de génie du crime qui peut s’emparer de milliards d’euros et être acclamé par le peuple, j’adhère totalement ! 

Autrement dit, c’était bien parti ! 

Bien sûr, un plan lisse et sans accroc, c’est pas vraiment intéressant à regarder il fallait donc des éléments perturbateurs. C’est ainsi qu’on voit apparaître, plutôt sournoisement, ce petit grain de sable qui va tout faire foirer. Le professeur, comme il se fait appeler, a tout prévu, absolument tout. Il a même interdit à son équipe de développer le moindre sentiment amoureux pour ne pas mettre son plan en péril. C’est pour ça que, forcément, l’amour va arriver et attaquer ce plan parfait dans tous les sens. Ce qui rend le génie de la série encore plus grand. Oui un plan aussi parfait, c’est presque magique. Et c’est justement pour ça que ça ne peut pas être vrai. Parce que s’il y a bien une chose que personne ne peut prévoir, y compris le professeur, c’est bien l’amour. Donc ça va foirer, régulièrement. 
Mais la cerise sur le gâteau de l’apothéose (comment ça j’en fait trop ?), on la trouve du côté du professeur. Son équipe a semé pleins de petits grains de sable qui menacent la bonne réussite de son plan. Il doit donc faire des pieds et de mains de son côté pour rétablir l’équilibre tout en continuant de communiquer avec les forces de l’ordre. À ce stade, leur plan n’est donc plus qu’un château de cartes branlant qui menace de s’écrouler à chaque fois qu’un téléphone se met à sonner. Et ce qui devait arriver arriva, le professeur lui-même envoie valser ses propres recommandations et tombe lui aussi amoureux. Et c’est là, c’est le drame, le dawa total, l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Et là, à cet instant là, le génie est parfait. Et il n’y a plus rien à dire. 
Sauf que, si. 

Y en a des choses à dire. 

 

…À LA HAINE

Comme vous l’aurez compris, j’adore le concept et le génie qui est présent dans cette série. Mais il y a un petit hic : sa longueur. 

Prise d’otage oblige, cette série est principalement en huit clos, la majorité des épisodes présentant l’évolution de la situation à l’intérieur de la banque. De plus, les épisodes sont assez longs (45 minutes environ). Ça nous donne deux saisons, avec respectivement 9 et 6 épisodes chacun faisant environ 45 minutes. Pas vraiment le type de séries que tu peux binge-watcher tranquillou en un week-end. Enfin si, c’est possible, mais faut vraiment faire que ça et c’était pas trop notre but à la base.
Du fait de notre rythme de vie, on pouvait se permettre de regarder un seul épisode par soir (et encore pas tout le temps). Il nous a donc fallu pratiquement deux mois pour la regarder en entier. Ouais, on a vraiment été longs… La conséquence c’est que bien souvent, quand on lançait un épisode, on oubliait ce qu’il s’était passé avant et on avait du mal à se remettre dans le truc. Bon, une fois la trame retrouvée, on était carrément à fond et on devait se faire violence pour ne pas enchaîner sur un deuxième.

Je ne sais pas si c’est lié à notre propre rythme de visionnage mais j’ai trouvé, à plusieurs occasions, que le contenu des épisodes ne rendaient pas justice à sa durée (ou à son rythme). À la fois il se passe beaucoup de choses dans les épisodes et à la fois j’avais l’impression qu’il ne se passe rien, que l’on passe trop de temps sur des petits trucs pas tant intéressant. Mais encore une fois, il peut s’agir d’un avis faussé par notre rythme de visionnage assez lent.

Et puis à côté de ça, il y a la fin de la série (ou du moins de la saison 2). Après deux longues saisons où il se passe des trucs mais en fait il ne se passe pas grand-chose, la fin est pliée en deux secondes. C’est en tout cas l’impression que ça m’a donné. Tout d’un coup, dans les deux derniers épisodes tout s’accélère d’un coup. Je trouve même que cela nuit à la cohérence de l’histoire. Les braqueurs se retrouvent avec des tonnes de sacs pleins de billets et en deux seconde ils transportent tout dans leur petit camion et hop les voilà qui échappent tranquillou à la police. Je trouve ça un peu fort de café. Je trouve qu’en comparaison des autres épisodes ça fait vraiment baclé. Un peu comme si les scénaristes n’avaient plus trop d’inspirations mais qu’il fallait qu’ils terminent donc zou, on fait pleins d’ellipses, on bidouille un peu et voilà ils ont réussi tout va bien. Bien sûr j’exagère mais pas tant que ça. Et puis la fin franchement…allez hop hop hop, tout le monde s’échappe en deux secondes, tout le monde nous aime et on se retrouve sous le soleil, sérieusement ?

Vous l’aurez compris, il y a plusieurs éléments qui me laissent un peu perplexe et qui font que je suis un peu mitigée.

Mais globalement, c’est une bonne série qui m’a beaucoup plu tout de même et je préfère garder en tête les éléments clés de sa réussite (qui sont quand même très nombreux).

 

ZOOM SUR LES RÉUSSITES

J’ai déjà évoqué le concept de la série qui m’a littéralement conquise mais j’aimerai aussi parler de plusieurs autres points importants.

Tout d’abord, les personnages.

Il y a trois groupes principaux au niveau des personnages : les braqueurs, les otages et les forces de l’ordre.

Lors du visionnage des premiers épisodes, j’avais l’impression qu’on partait sur des personnages un peu stéréotypés : le gentil benêt, le cruel sadique, la folle dingue, la rebelle qui a peur de rien (côté braqueurs) ; le patron qui veut jouer au héros, la secrétaire qui couche avec le patron (côté otages), etc. Mais au lieu de ça, et à l’image du plan du professeur, rien n’est figé. Il suffit de quelques petits grains de sable pour changer les rapports entre les groupes bien sûr, mais encore mieux à l’intérieur même d’un groupe. Finalement, les frontières entre chaque groupe vont s’estomper et se mélanger au fil de la série et c’est vraiment la preuve absolue de la qualité de cette série. On s’aperçoit, à l’instar du professeur, que l’on ne peut rien prévoir. Il y aura forcément des éléments nouveaux, de la surprise et donc des remises en question et des ajustements à faire.

 

EN CONCLUSION

Comme je l’ai dit, j’ai un rapport très particulier à cette série que j’ai littéralement adoré. Le concept est absolument génial, les personnages sont travaillés et très intéressants (ils méritent tout une bonne psychanalyse). Mais le visionnage, assez long dans notre cas, a légèrement refroidi mon enthousiasme. 

Globalement, je pense que c’est une série qu’il faut regarder dans une période où l’on a le temps de vraiment binge-watcher et où l’on peut se permettre d’enchaîner les épisodes rapidement. Dans le cas contraire, on prend le risque que l’engouement et l’enthousiasme s’essoufflent un peu (ce qui a été le cas pour nous).

MAIS ! J’ai vu il y a pas longtemps qu’une saison 3 est au programme. Une fois la surprise passée (y a t-il vraiment encore des choses à raconter?), je pense que ce sera une bonne occasion de recommencer la série du début avec un rythme plus soutenu. Et qui sait, peut-être de l’apprécier beaucoup plus que maintenant ?

Affaire à suivre donc… 😉

Pour découvrir la bande-annonce de la série, c’est par .

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