Affiche de la série
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Mytho – quand le mal-être devient destructeur

Coucou les petits chats. Je ne sais pas vous mais moi, avec ce confinement j’explore en long en large et en travers la catégorie « séries » de Netflix. Et aujourd’hui, je viens vous parler des mensonges de Mytho, série française diffusée normalement sur Arte.

La série était depuis quelques temps dans ma liste de choses à voir mais n’était pas en tête de mes priorités. Compte tenu du contexte et en attendant la saison 4 de La Casa de Papel, j’en ai profité pour voir ce que Mytho valait.


Une banlieue bourgeoise et beaucoup de mensonges

Mytho est une série française créée Anne Berest et Fabrice Gobert. Elle a été diffusée sur Arte à partir de Octobre 2019 et est disponible sur Netflix depuis Décembre 2019.

Elvira (Marina Hands), mère d’une famille de trois enfants et travaillant dans les assurances, n’est pas ce qu’on pourrait appeler une femme heureuse. Se sentant délaissée par ses enfants (qui en sont à l’âge où la maison familiale est plus un hôtel qu’autre chose) et par son mari (qui la trompe avec une autre), elle profite d’une grosseur bénigne apparue sur son sein pour s’inventer une tumeur. 

Elvira ment, sans vraiment comprendre pourquoi au début. Plusieurs fois, elle essaye de rétablir la vérité, en vain. Elle s’arrange finalement de ce mensonge destructeur. 

Mais elle n’est pas la seule à mentir. Le premier des mensonges vient d’ailleurs de son mari lui-même, qui la trompe sans vergogne et la néglige fréquemment. Ne lui accordant de l’attention que lorsqu’elle lui annonce qu’elle est malade. [Et encore, une attention vite recentrée sur lui-même.]

Des mensonges aussi pour Sam, adolescent non-binaire qui, amoureux, fait croire à son correspondant allemand qu’il est une fille.  

Carole, la fille aînée ment aussi, sur ses soirées, ses fréquentations, son mal-être. 

Bref, dans cette banlieue bourgeoise, avec toutes ses familles en apparence si parfaites, les mensonges sont de doux poisons qui se répandent dans l’air comme une traînée de poudre.

Le mensonge d’Elvira est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En quelques sortes…


Une série finalement plus tragique que comique

Si la série commence très légèrement, se moquant gentiment, l’air de rien, de ses familles lisses et transparentes, chacune avec la femme parfaite qui jongle habilement avec ses différents rôles d’épouse, mère et travailleuse, le tragique s’invite peu à peu. 

Faire croire à son homme, à ses enfants, à son père (dont la femme est elle-même morte de maladie) que l’on souffre d’un cancer, que l’on peut potentiellement mourir, c’est purement et simplement ignoble. 

Ce qui à la base, n’était qu’un tout petit mensonge pour avoir un peu d’attention, de tendresse et d’amour, devient peu à peu une énorme catastrophe. On a facilement pitié d’Elvira au début. De sa petite vie, il faut le dire, un peu minable, de ses enfants assez ingrats, de son mari, pathétique à souhait. On peut comprendre, que ses mensonges lui échappent, qu’elle ait besoin un peu de se retrouver sous la lumière des projecteurs. Mais plus elle s’enfonce dans son histoire, plus l’incompréhension nous gagne. Elle ne semble pas percevoir la détresse que cela provoque chez ses enfants, leur douleur ne l’atteint même pas. Pire, elle se réjouit et profite de la situation, se prend des vacances quand eux ne font que s’inquiéter. La pitié que l’on avait se transforme alors en mépris. Mépris de sa lâcheté et de cette folie qui la gagne et finit par la happer toute entière. Parce que le mensonge est un cercle vicieux dont on ne peut plus ressortir à moins d’être démasqué. Et bien sûr, elle va l’être démasquée. A la fin de la saison, dans une scène déchirante où ses enfants condamnent fermement ses mensonges et refusent de s’attendrir face à sa peine et ses larmes. 


« Je préférerai que tu sois morte. »



Cette phrase que Sam lui crache sonne comme une malédiction et condamne presque Elvira. Il n’y a plus de comique, plus de rire, plus de sourire, plus d’humour. L’énorme mensonge d’Elvira prend tout l’espace et ne laisse plus de place pour le reste. 


Des thématiques actuelles et un vent de modernité

Ce qui étouffe Elvira et la pousse à cet acte irréparable, c’est un peu (beaucoup) la charge mentale qui pèse sur ses épaules. Pourtant, Anne Berrest l’affirme dans une interview pour Konbini, « Quand j’ai commencé à écrire la série, la notion de charge mentale n’existait pas. Je l’ai vue apparaître et conceptualisée dans la société récemment. » Preuve s’il en fallait une, que cette notion, avant même d’avoir été définie, était déjà un enjeu féministe majeur. 

Au-delà de la charge mentale, que l’on retrouve aujourd’hui finalement dans beaucoup de films et séries, la quête identitaire de Sam est une thématique particulièrement intéressante. La première question que je me suis posée en le voyant a été « Garçon ou fille ? ». La réponse franche et certaine met un certain temps à nous parvenir. Et j’ai trouvé ça super. Parce que sa non-binarité n’a rien d’exceptionnel pour sa famille, ses amis ou même son lycée. Sam est comme il est et ça ne pose de problème à personne. Et bon dieu que ça fait du bien de voir ça ! 
Il nous faudra attendre son voyage en Allemagne pour comprendre que non, ce n’est pas si facile que ça. Qu’il sait qu’il lui faudra un moment pour être heureux. Mais Sam est entièrement soutenu par sa mère d’abord et de manière plus général par sa famille. 
Je suis un peu restée sur ma fin une fois cette première saison terminée. L’histoire de Sam mérite d’être plus développée et j’espère que ce sera le cas. Je pense que oui, compte tenu du fait que, si, quand même, il y a plusieurs personnes que la situation de Sam dérange. 


Des indices pour une suite prometteuse

Entre la maîtresse déchaînée du père de famille et le retour du grand amour d’Elvira, la saison 2 promet d’être rocambolesque.

Mais je l’avoue, ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Non, ce qui éveille particulièrement ma curiosité, c’est la rencontre de Carole et Virginie (les deux filles de la famille) avec une de leur voisine très particulière. En effet, celle-ci semble faire partie d’une secte et tente de les recruter dans le dos de leurs parents tout en parlant de « la maladie de Sam ». Si je ne me trompe pas et que le but final de cette voisine et de guérir Sam, la suite promet d’être vraiment très intéressante. 

Plusieurs indices dissimulés dans la saison 1 laisse également penser qu’Elvira n’en n’est pas à son premier coup d’essai en terme de mensonges et le retour de Lorenzo, son amour de jeunesse, va peut-être ajouter encore plus de piment à la série. 

Les showrunners de Mytho ont tout de même laissé entendre que l’on ne pouvait pas mentir impunément sur un sujet si dur que le cancer et il faut donc s’attendre à ce que le côté dramatique de la série ne disparaisse pas de suite, au contraire, il risque de se renforcer encore plus. 



Voilà les petits chats, j’en ai terminé pour aujourd’hui avec ce retour sur la série Mytho que je vous recommande vivement, tant pour son histoire déroutante que pour son esthétisme très soigné. 

Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous invite à aller voir la bande-annonce. Pour les autres n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaires.



On se retrouve dimanche pour un nouvel article papotage et mercredi prochain pour parler films ou séries 😉

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2 commentaires

  • Bérénice

    Tu spoiles carrément en fait 😅 bon heureusement ça ne me gêne pas et j’ai bien envie de regarder cette série après la casa de papel bien sur 😉

    • La Nin'

      Oui, désolée, je spoiles maintenant parce que sinon j’ai l’impression de juste survoler et pas dire grand chose… Faudrait que je mette un avertissement au début de l’article quand même ! Franchement, c’est une bonne série je trouve. Casa de Papel j’ai peur de m’ennuyer et de la trouver nulle :/

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