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Féminisme

Féminisme. Voilà ce dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. J’ai un peu (beaucoup) la pression car je sais que je suis attendue au tournant sur ce sujet par certains. [Je te vois lever les yeux au ciel d’ici Mathieu… :p]

Mais ça y est, je pense qu’il est enfin temps de parler de cela avec vous.

[Pour cet article, je me base principalement sur ma propre expérience, mon propre vécu. Je le disais déjà dans mon article sur l’écologie, les chiffres, les définitions à rallonge, les questions politiques/économiques/sociologiques, ce n’est pas ce que je maîtrise le mieux. Si vous voulez approfondir le sujet, je vous partage des définitions et autres références en fin d’article.


Une conviction tardive

Je ne suis pas née féministe. Loin de là.

Longtemps j’ai adhéré et participé à la culture du viol et ai partagé des idées sexistes quant à la juste « place » des deux sexes dans notre société.

Longtemps j’ai pensé qu’une femme devait s’épiler, être féminine et attendre gentiment que son prince charmant vienne la sauver.

Longtemps j’ai affirmé que les mecs, les vrais, étaient virils, costauds, qu’ils ne pleuraient pas et qu’ils devaient se comporter en gentlemen.

Et puis, un jour, je me suis pris le sexisme ordinaire et la culture du viol dans la gueule. Et ça fait mal.

Un mec a décidé que mes sourires, mes blagues ou je ne sais quoi dans mon comportement était une invitation. Il s’est permis un geste déplacé et moi, complètement ignorante de la réalité des choses, je n’ai pas su quoi dire, quoi faire, comment réagir.

J’avais déjà vécu des situations anxiogènes auparavant, mais c’était des inconnus, des gens dans la rue, des personnes un peu dérangées. Rien de bien inquiétant, si ?

Là c’était différent. Je connaissais ce mec, je lui parlais, c’était presque un pote quoi. La petite main aux fesses que je trouvais « badass et sexy » dans les histoires « romantiques » était soudainement beaucoup moins badass et sexy.

J’ai commencé à culpabiliser à me demander ce que j’avais fait, ce que j’avais dit pour qu’il se permettre un tel geste. J’ai commencé à décortiquer mon comportement, mes actes, mes paroles, mes moindres gestes, me reprochant certaines blagues, certains sourires. Je m’en voulais terriblement de cette situation qui m’inquiétait. Mais ce n’était pas pour moi que je m’inquiétais. A la base, c’était pour lui. Est-ce qu’il serait peiné quand il comprendrait que j’étais en couple et pas intéressée ? Est-ce qu’il m’en voudrait ? Et mon copain dans tout ça ? Est-ce que lui aussi m’en voudrait ? Bref, vous voyez le topo. Le sexisme ordinaire, le slut-shaming et la culture du viol faisaient correctement leur travail.

Envahie pas toutes ces questions, par la honte et la culpabilité, j’ai passé cet épisode sous silence auprès de ma bande de copains. Seuls ma meilleure amie de l’époque (que la situation amusait plutôt) et mon copain (qui voulait aller lui casser la gueule) étaient au courant.

Quelques temps plus tard, alors que j’avais tu cet épisode pour ne pas attirer l’attention sur moi (et sur la culpabilité que je pensais devoir porter), l’événement est devenu public parmi mes amis. Par un enchaînements de circonstances particulièrement malheureux, le mec qui s’était permis ce geste a entendu parler de cette « rumeur » comme quoi il aurait eu un geste déplacé. Il a nié et ma parole a été mise en doute, ma crédibilité envoyée aux clous. On m’a reproche de vouloir  » foutre la merde « . On m’a mise de côté, on s’est moqué.

En deux coups de cuillères à pots, je suis devenue la meuf qui fout la merde, qui raconte des bobards pour se rendre intéressante. Celle qui fait tout un pataquès pour se rendre intéressante.

Et c’est là, à ce moment précis, que je me suis pris le sexisme ordinaire dans la gueule.

Alors certes, ce n’était « qu’une main aux fesses, pas la peine d’en faire tout un plat ». Mais pour moi c’était déjà trop.

C’est là que j’ai commencé à m’indigner. C’est là que j’ai pris conscience de la réalité que j’ignorais jusque là.

J’ai commencé à lire des articles, des témoignages. J’ai réalisé que ce n’était pas la première fois que je subissais. Avant ça, il y a eu les mecs dans le tram qui te collent un peu trop alors qu’il n’y a personne dans la rame.Il y a eu les mecs qui te suivent de loin dans un centre commercial sans que tu saches ce qui peut t’arriver. Il y a les remarques sexistes, les propos déplacés, la sexualisation permanente du corps des femmes.

Il y a eu tout ça avant, et il y a encore tout ça après.

Alors maintenant, il y a le féminisme.


Une conviction profonde

Je suis donc féministe. Et pour vous expliquer comment je vois le féminisme aujourd’hui, je vais reprendre une métaphore (ou une analogie, j’ai toujours galéré à identifier les différentes figures de style) souvent utilisée par les féministes : celle des lunettes.

Devenir féministe, c’est un peu comme porter soudainement des lunettes alors qu’on est myope comme une taupe. Du jour au lendemain, avec les lunettes sur le nez, on voit plus clair. On voit tout. Tout ce qu’on ne voyait pas avant.

Sauf que les lunettes du féminisme, généralement, une fois mises, on ne peut plus les enlever. Un peu comme une opération des yeux au laser. Une fois que c’est fait, c’est irrémédiable.

Je ne peux plus revenir en arrière désormais. Je vois tout. L’hyper-sexualisation du corps des femmes (et même des petites filles), les inégalités dans le monde professionnel (et clairement, je ne parle pas que du salaire), le slut-shaming, la culture du viol, le sexisme ordinaire…

Certains jours, j’ai l’impression que tout m’indigne.

125 féminicides depuis début 2019.

125 femmes tuées par leur conjoints.

125 putain.

Et je ne vous parle même pas des agressions sexuelles, des viols, du harcèlement, des violences au travail.

De ces femmes qui galèrent pour combiner vie personnelle et vie professionnelle.

Je ne vous parle pas des regards portés sur nous, sur nos tenues, nos habitudes, nos vies en général.

Je ne vous parle pas de tout ça, pas encore, pas aujourd’hui. Mais ça viendra.

Alors je sais. Vous allez me dire qu’il faut arrêter de se plaindre. Que la situation n’est pas si catastrophique. Qu’il y a bien pire ailleurs. Que dans certains pays, certaines femmes ont encore bien moins de liberté qu’ici, sont bien plus violentées et tuée. Oui, c’est vrai. Je suis d’accord et ça m’indigne tout autant.

Mais ce n’est pas parce que la situation est pire ailleurs que nous devons nous contenter d’une situation qui n’est pas la meilleure pour nous.

Ma condition de femme en France me pèse parfois. Parfois je suis indignée de ce que je vois, de ce que j’entends et j’ai envie de le dénoncer.

Tout comme je suis indignée de ce que je vois et entends partout dans le monde. 

Et j’ai bien l’intention de m’indigner toujours plus, pour ma pomme, et pour celles des autres aussi.


Mon féminisme aujourd’hui

« Le féminisme n’est pas une dictature. Il n’impose pas de norme. Il n’est pas dogmatique. Tout ce qu’il fait, c’est laisser le choix. » (Emma Watson)

Je ne peux donner de meilleure définition que celle-ci. Laisser le choix. À tous. Hommes comme femmes. Parce que le féminisme, ce n’est pas juste défendre les femmes. Et encore moins contre les hommes. Si là est votre avis, vous vous plantez sur la question. Le féminisme, c’est le choix et la liberté pour les femmes ET les hommes.

C’est arrêter de prêter d’attribuer des caractères/défauts/qualités/valeurs selon le genre. Une femme peut être forte et virile. Un homme peut pleurer et être sensible.

« Rappelons-nous, le féminisme se définit comme la conviction que les hommes et les femmes doivent jouir des mêmes droits et des mêmes chances. C’est cela la théorie politique, économique et sociale de l’égalité des sexes.» (Emma Watson).

Oui, je sais, encore Emma Watson. Je n’ai pas lu Simone de Beauvoir, Simone Veil ou autre figures féministes de base.

J’ai grandi avec Hermione Granger, et un peu princesse Leïa. Même si je n’avais pas encore conscience de la réelle condition des femmes dans notre société, j’ai vu qu’une femme pouvait être intelligente, botter des culs et avoir la classe.

Aujourd’hui, je suis une adepte de la liberté de choisir. Je dénonce le jugement permanent. Je suis pour la liberté des femmes (et des hommes) à disposer de leur corps comme ils le souhaitent.

Et surtout, je suis pour la solidarité entre tous. Arrêtons de juger une femme parce qu’elle porte une mini-jupe, pas de soutien-gorge ou qu’elle ne s’épile pas. Arrêtons de juger un homme parce qu’il préfère élever ses enfants plutôt que travailler. Arrêtons de parler du corps des femmes tout le temps. Parlons plutôt de leurs valeurs, de leurs exploits. Arrêtons de dire qu’un homme ça ne pleure pas, que ça doit être fort, viril. Arrêtons de sexualiser les femmes en permanence. Arrêtons de généraliser sur tout, de ranger les individus dans des cases. Apprenons juste à s’occuper de NOS fesses, à faire NOS choix, à défendre NOS valeurs sans empiéter sur celles des autres.

Et si déjà on fait ça, ce sera un grand pas.


Je pense qu’il est désormais l’heure de clôturer cet article. Je suis désolé s’il est brouillon et mal organisé, j’ai vraiment essayé de le structurer. Il s’agit d’un des articles les plus importants de ce blog et j’ai eu du mal à l’écrire, à l’organiser et le structurer. Le féminisme est un sujet tellement vaste et complexe, qu’écrire dessus et un vrai parcours du combattant.

Alors je sais. Je sais que certaines personnes (au moins une en toute cas…), vont me dire que ça manque de fond, que je ne fais qu’enfoncer des portes ouvertes, que ça ne vous apprend rien sur cette thématique.

Mais je ne suis pas là pour vous apprendre des choses. Je suis là pour vous partager une opinion, une expérience et un vécu. Pour ouvrir la discussion sur quelque chose qui me tient à cœur. Et pour préparer le terrain en vu d’autres articles, plus complets et plus ciblés. Parce que le féminisme, c’est vaste, très vaste, comme sujet et il y a tant à en dire qu’un article ne suffit pas. Je me devais de survoler celui-ci avant d’entrer plus tard dans les détails.


En attendant, n’hésitez pas à le partager, le commenter et venir en discuter. J’attends vos retours avec impatience.


[Précision par rapport au mec et à son geste déplacé : quelques mois (voire une année) après les évènements, il m’a présenté de vagues et rapides excuses, indiquant qu’il avait « été con ». Je n’ai jamais su précisément si ces excuses portaient sur son geste, sur le fait de l’avoir nié, sur le bazar que cet « incident » avait mis dans ma vie, mais le fait qu’il le fasse m’a tout de même permis de tourner la page et de mieux l’accepter et, pour ça, je lui en suis reconnaissante. D’autant plus que dans de rares moments de gros doutes, il m’arrivait de passer de longues minutes à me torturer l’esprit pour déterminer s’il était possible que mon cerveau ait imaginé de telles choses. C’est vous dire jusqu’à quelles extrémités, une personne dont on nie totalement la parole peut en arriver. En s’excusant, il m’a également permis d’être rassurée sur ma santé mentale. Aujourd’hui je ne lui en veux plus du tout. Son geste m’a permis de prendre conscience d’une certaine réalité que j’ignorais auparavant. Après cet évènement, j’ai ouvert les yeux sur beaucoup de chose, dont moi-même j’étais responsable. Je ne dis pas que ce qu’il a fait est correct, loin de là. Cet évènement n’est pas ce qui m’est arrivé de mieux. Mais il fait partie de ma vie et je l’accepte en tant que tel : un évènement malheureux qui m’a permis de grandir, mûrir et évoluer.]


Vous pouvez retrouver ci-dessous des définitions, articles et vidéos portant sur le sujet :

  • Le site madmoizelle.com est celui qui m’a permis de faire mes premiers pas dans le monde du féminisme. Leur ligne éditoriale est très engagée et facilement critiquable. Je ne lis d’ailleurs presque plus leurs articles aujourd’hui mais certains de leurs articles et témoignages restent très intéressants.
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