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Le jour où… mon mec s’est retrouvé à poil dans la presse locale

Coucou les petits chats, j’espère que vous êtes bien accrochés parce qu’aujourd’hui, on se retrouve pour un article un peu…scandaleux !

Si vous me connaissez ou que vous me suivez un peu sur Instagramvous savez sans doute que mon compagnon est étudiant infirmier.

Si vous suivez un peu l’actualité ces derniers temps, vous savez sans doute que le monde médical va mal et que les soignants sont régulièrement en grève. 

Et bien c’est dans ce contexte-là que se déroule l’histoire que je vais vous raconter.


Il était une fois, un jeune homme rêvant de devenir infirmier…

Après avoir plaqué des études qui ne lui convenaient pas et avoir réfléchi à ce qui l’intéressait vraiment, mon homme a finalement décidé de passer les concours d’infirmier. 

Dès le début, tous ceux qui travaillent (ou ont travaillé) dans le milieu du soin, ont essayé de le dissuader de choisir un boulot aussi dur tant physiquement que psychologiquement. 

Dès le départ, il savait qu’il allait en baver, qu’il regretterait peut-être, qu’il pourrait un jour changer de boulot.

Mais il s’accroche, il veut faire ça et rien d’autre. 

Il a passé plusieurs concours. Il en a eu réussi trois. Il en a choisi un et c’était parti.


Des études presque idylliques

Ayant déjà étudié plusieurs années dans le supérieur, les cours et les partiels ne lui posent pas trop de problème jusqu’à maintenant. Il en est à sa deuxième année et clairement il réussit plutôt très bien.

Il a eu la chance jusqu’à présent de réaliser ses stages dans des services et structures plutôt épargnés par les difficultés que peuvent rencontrer les soignants ailleurs (patients très difficiles, gros manques de personnels et de moyens, cadences infernales, etc). Bref pour l’instant, aucune ombre majeure au tableau.

Oui mais voilà. Son frère est infirmier anesthésiste. Sa belle-sœur infirmière puéricultrice. Sa meilleure amie est une ancienne aide-soignante. Ses collègues de promo n’ont pas tous eu la chance d’avoir des stages aussi « faciles » que lui. De temps à autre, il travaille comme qu’aide-soignant. Il se confronte ainsi à la réalité du métier et rencontre toujours plus de professionnels de santé. Il est donc très bien informé et c’est pour ça, qu’il s’engage aujourd’hui pour défendre ce milieu qu’il aime déjà tant.


« L’hôpital à poil » , un slogan sur des jambes nues

Le 14 Novembre, jeudi donc, 300 soignants étaient réunis sur le parvis du CHU de Grenoble pour protester contre des conditions de travail qu’ils ne peuvent plus supporter. 

Mon compagnon et son frère en faisaient partie. Et pour faire entendre leur détresse, ils ont fait tomber le pantalon (mais ont gardé le caleçon faut pas déconner non plus) et ont inscrit leurs slogans sur leurs jambes nues.

Ils étaient trois à braver le froid pour faire passer le message.

Le slogan principal était noté sur les jambes de mon mec.

La presse était là.

Les jambes (et les fesses) de mon chéri ont ainsi fait la une des journaux locaux.

Voilà comment mon mec s’est retrouvé (presque) à poil dans la presse locale.

Alors je sais, vous allez me reprocher d’avoir utilisé un titre absolument provocateur et mensonger pour vous attirer sur cet article.

Vous avez raison. 

Mais soyons sincère. Seriez-vous venus si je vous avais parlé de la grève des soignants ? De la revalorisation de leur salaire ? De leur besoin d’obtenir plus de moyens ? 

Peut-être pas.

Parce que c’est le scandale, la transgression, l’inhabituel qui attirent l’œil et qui incitent à s’informer en premier lieu. 

Et je me devais de vous attirer sur cet article.

J’aurai dû l’illustrer avec des photographies (prises par mes soins) de la manifestation mais je ne suis finalement arrivée qu’au moment du débriefing. 

J’ai ainsi assisté à des échanges entre plusieurs soignants (infirmiers et médecins) de services différents (urgences, anesthésie, samu, gériatrie) qui se demandaient quelle suite donner à tout ça. 

Globalement, tous ont le même discours et les mêmes revendications.


Le monde médical va mal

Gros manques de moyens et de personnels, cadences infernales, salaires pas toujours à la hauteur, aberrations organisationnelles… Tous les soignants que je connais, que je croise, que je lis ou suis sur les réseaux sociaux tiennent les même propos. 

Ils sont passionnés par leur métier, ils s’accrochent tous les jours pour garder le patient au centre du soin. Pour l’accueillir et le soigner aux mieux. Mais on leur en donne de moins en moins les moyens. 

J’ai beaucoup lu et entendu des témoignages de gens qui dénoncent le côté « usine » de l’hôpital public aujourd’hui, qui dénoncent le manque d’humanité, de bienveillance et de patience de certains soignants qu’ils ont rencontrés. Et je n’ai aucun doute sur la véracité de leur propos.

Mais essayons de nous mettre deux secondes à la place de ces soignants.

Personnellement, je travaille en crèche mais mon métier ressemble par certains points au métier de soignant. Tout comme eux, je me dois d’être à l’écoute, bienveillante, patiente, respectueuse des enfants et des familles accueillis dans ma structure.

Mais croyez-moi, une telle écoute et une telle bienveillance demande une telle énergie, que certains jours, je suis fatiguée. Certains jours, je perds patience, je peine à rester à l’écoute et attentive. J’échoue à accueillir au mieux ces enfants. Et je ne travaille que 35h par semaine du lundi au vendredi.

Alors imaginez ce que ça doit être pour un soignant qui travaille tant de jour que de nuit, week-end et jours fériés inclus. Un soignant à qui l’on demande toujours plus d’efficacité et de rentabilité. Un soignant qui fait toujours plus d’heures. Un soignant qui doit toujours faire plus avec moins. 
Personnellement, je ne tiendrai pas une semaine avec un tel rythme de vie, des telles responsabilités et une telle pression. 

Regardez attentivement autour de vous, lisez les témoignages des soignants sur la réalité de leur quotidien, sur leurs conditions de travail.

Parce qu’on est tous concernés. Parce que ce qu’ils défendent aujourd’hui, ce pour quoi ils se battent en baissant leur pantalon, tout ça, c’est aussi pour nous. Les patients. C’est notre bien-être qu’ils défendent en plus du leur. J’ai l’impression que c’est même nous qu’ils défendent plus qu’eux-mêmes. Parce que si vraiment ils n’ont pas le choix, ils pourront soigner toujours plus vite, changer de services comme de chemise même s’ils n’ont pas toutes les connaissances nécessaires, dégrader la qualité de leurs soins. Ce sera dur, ça leur coûtera psychologiquement et physiquement mais s’ils y sont obligés pour pouvoir survivre et s’occuper de leurs proches, ils le feront. Et c’est nous, les patients qui en pâtiront le plus.

Ne vous voilez pas la face, leurs difficultés deviendront les nôtres dans très peu de temps. Parce que si personne ne défend l’hôpital public, l’hôpital public disparaîtra. Et sans lui, la santé deviendra une affaire privée. Il faudra payer, et payer cher pour se faire soigner. Et certains d’entres nous n’en auront plus les moyens. 

Ce jour-là, le jeudi 14 Novembre 2019, mon mec et son frère se sont mis à poil (ou presque) pour dénoncer la situation catastrophique dans lequel se trouve le monde médical à l’heure actuelle.  Et je suis immensément fière d’eux. Ils ont eu raison de le faire. J’espère qu’ils pourront le faire encore. Et je serai là pour immortaliser leur courage et les soutenir. Parce que la colère qu’ils portent (et que porte le monde médical aujourd’hui), devrait être NOTRE colère à 100%.


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2 commentaires

  • Jessoufit

    Heyyy! Je poste mon premier commentaire sur ton blog! J’y suis déjà venue plusieurs fois et j’aime beaucoup la mise en page, la navigation y est rapide même sur le téléphone 😁

    Pour en revenir s ton article, il est vrai que j’y suis venue parce que tu as dis sur Instagram que ça te tenait à cœur. Si ça te tient à coeur, c’est que tu te dévoiles et que c’est important. Je n’avais pas vu le titre « putaclik » mais je ne le trouve pas mensonger. Se mettre en caleçon pour un bien-être collectif, c’est se mettre à nu individuellement pour l’honneur de tous. Ton copain a été super courageux, il fallait oser le faire. Rien que pour le froid!

    Ton article est vraiment géniale. J’ai aussi plusieurs connaissances qui bossent dans le domaine médicale, et elles en bavent. Les conditions sont pourries et les patients de mauvaise humeur… J’espere que des solutions seront apportées rapidement. Force a tous

    • La Nin'

      Oooh ça me fait super plaisir de te voir par ici ! Merci à toi d’être venue lire cet article et d’avoir posté un aussi joli commentaire !
      Oui, ils ont été courageux et comme tu dis j’espère aussi que tout ça portera leurs fruits et que leur colère sera enfin entendue !

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